Colmar est une charmante petite ville alsacienne et le théâtre du dernier projet de l'association Corpus.
"L'innommable" en est le titre et l'exposition montrera le travail fait collectivement autour de cette question: "y a-t-il de l'innommable dans le bijou contemporain"
du 30 novembre 2002 au 2 février 2003 à l'Espace d'Art Contemporain, 4 rue Rapp
ROANNE est une belle ville où l'on
mange bien.
coup de fil : bonjour içi Madeleine
Giroud Aurouer, nous voudrions organiser une exposition de bijoux contemporains,
nous avons besoin d'un ekta et surtout d'un topo expliquant votre démarche;
est-ce-que cela vous tente ?
Il n'y a pas beaucoup d'organisateurs qui vous accrochent de cette façon !
J'y cours donc et y serai du 17 juin au 16 juillet 2000 avec 21 collègues et si vous ne pouvez pas aller voir, voici le texte que je leur ai envoyé:
Pourquoi faire en 2000 du bijou et pourquoi du bijou contemporain ?
L’interrogation en elle-même donne la réponse
; si j’essaie de créer quelques bijoux c’est bien pour traduire
les questions que je me pose quant à mon corps, celui des autres,
mon rapport au monde, mon rapport aux valeurs, à la société,
traduire les questions que me pose la conscience de mon être et de
mon environnement.
La première question est de connaître l’objet
de ma pratique.
Si je ne veux introduire aucune anecdote dans la réponse,
aucun souvenir parce que mon histoire et celle de mes collègues
bijoutiers ont conduit à une définition plus précise,
plus élaborée du bijou, et que je cherche une réponse
fondamentale, intrinsèque, je suis obligé de me référer
à la définition du dictionnaire qui est l’illustration de
cet héritage traditionnel, l’expression historique de cette pratique.
Alors, je lis : bijou, petit objet précieux par sa matière
ou son travail et servant à la parure ; et je cherche ce qui fait
référence à l’humain dans cette définition,
ce qui fait référence au corps et à l’individu, parce
que je n’arrive pas à concevoir un bijou sans l’individu qui le
fabrique ou sans l’individu qui le porte. Quel mot recèle la qualité
humaine de cet objet ? Petit, précieux, parure ? Certes non. Il
reste matière et travail et ces deux mots, parce qu’ils concernent
un être vivant, glissent dans leur signification vers chair et souffrance.
Le bijou m’apparaît soudain comme précieux parce qu’il est
fait de chair et de souffrance, de la chair de l’individu qui le porte
et de sa souffrance, souffrance à être ce qu’il est, souffrance
à être regardé et vu, compris et appréhendé
comme il est ou comme il veut être.
Pourquoi porte-t-on des bijoux ?
La réponse généralement admise par
les artistes créateurs de bijoux est que l'on porte des bijoux pour
construire une image de soi et que la préciosité est toute
dans la qualité de la personne qui porte son bijou.
Il est là, le bijou contemporain, porteur de toutes
les interrogations de ce siècle et de toutes les réponses
que nous offrent les sciences humaines.
Ma démarche est inscrite
dans cette double approche : connaître de la souffrance et de la
chair l’universalité et savoir de chaque individu l’unicité
et la préciosité. Peu importe alors que mon bijou soit intéressant,
construit, laid ou original, l’essentiel est qu’il soit ; c’est par son
existence même que chacun reconnaîtra un homme, à l’image
de tous les autres, de chair, souffrant, unique et précieux.
En ce moment j’oriente mon travail vers un échange
plus parlé avec ceux qui peuvent intervenir dans la fabrication
de mes bijoux, ceux-ci devenant soit le résultat de cet échange,
soit l’outil accompagnant l’échange, soit un terme même de
l’échange dans une ouverture forcément hasardeuse et dangereuse.
Un dernier détail: la ville
qui organise une expo et qui se soucie de montrer des artistes leur production
artisanale autant que leur production intellectuelle a un maire humaniste,
il n'y a pas de secret !
Bravo à Roanne.
du 4 au 8 septembre1998, je serai au salon maison
& objet au Parc des Expositions de Paris-Nord
Villepinte, j'en parlerai plus tard...
Le cinquième symposium Ars Ornata Europeana s'est tenu à Stockholm, au Modern Museum, du 26 au 28 juin 1998.
Corpus devait présenter une vidéo:
CORPUS 5, le nouveau projet de l'association Corpus:
« La culture a un double versant : elle se définit à la fois par ce que les hommes sont capables de mémoriser sur le plan du répertoire et du catalogue mondial et par ce qu’ils sont capables d’en réinventer pour leur usage et leur posture quotidienne, dans l’ordre concret des choses. On peut donc parler d’une culture constituée et d’une culture se constituant. »
Les créateurs en bijou contemporain illustrent parfaitement cette contribution de Jean Ader in Peuple et Culture n° 15.
On les voit bien constituant une culture et réinventant des pans entiers du répertoire mondial.
L’association Corpus va essayer de répondre à ces questions et construira son projet Corpus 5,
Cela se passa au Crédit Mutuel Mulhouse Europe, 37 avenue du Président Kennedy à Mulhouse.
Vous pouviez y voir les travaux des élèves et toute la démarche des enseignants conduisant à ce résultat.
